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Ode à l’imperfection

13 mai

Bonne fête des mères à toutes.

À celles qui doutent sans raison;

À celles qui ne doutent pas mais qui le devraient, parfois;

À celles qui gaffent;

À celles qui perdent patience;

À celles qui s’énervent, même;

À celles qui trouvent qu’elles travaillent trop;

À celles qui ont eu des enfants pour se sentir moins seules, pour avoir un peu d’amour;

À celles qui changent des couches en ayant parfois des haut-le-cœur;

À celles qui préfèrent acheter de la purée en pot plutôt que de sortir le mixeur;

À celles qui font garder leurs enfants une fois de temps en temps pour en prendre pour elles, du temps;

À celles qui vont chercher leurs enfants à l’école quand ils sont malades;

Et qui vont parfois les chercher en retard au service de garde, le soir.

À celles qui se sentent coupables;

À celles qui ont peur;

À celles qui continuent, malgré tout.

Bonne fête des mères à la mienne, à la tienne, à la sienne.

Bonne fête des mères à celles qui ont un enfant avec des besoins particuliers, qui ont peur de mourir avant lui.

Bonne fête des mères à toutes les mères imparfaites; nous en serons une à notre tour.

-Stéphanie Deslauriers

L’intimidation : Prise 8 537

5 mai

Vous êtes tannés d’en entendre parler, de l’intimidation?

Eh bien moi aussi; je suis tannée d’entendre parler de la démonisation des agresseurs, de la victimisation des victimes. Tannée que l’on propage l’idée que tout est noir ou tout est blanc.

J’en ai assez que l’on croit à tort qu’il ne faille que punir les agresseurs, les suspendre, les faire changer d’école et point à la ligne.

J’en ai assez que l’on croit à tort que les interventions ne devraient cibler que les personnes impliquées dans une situation d’intimidation spécifique.

Faites une recension rapide; même pas besoin d’aller sur les moteurs de recherche universitaires. Allez sur Statistiques Canada, tapez « intimidation » et vous verrez plusieurs articles qui abordent le sujet.

Leur dénominateur commun : les approches punitives sont contre-productives. Tenez, je vous en nomme un autre : les interventions qui ne visent que les personnes impliquées dans une situation d’intimidation sont inefficaces.

Cessons de véhiculer l’idée que les agresseurs sont les gros méchants loups et inspirons-nous des propos d’élèves lorsqu’ils nomment, lors de mes passages dans leurs classes pour que l’on parle de cette réalité, que « les intimidateurs sont malheureux » ou encore, qu’ils « ne vont pas bien ». Pourtant, il me semble entendre un tout autre discours dans les médias.

En effet, les agresseurs souffrent. Ils souffrent de ne pas savoir comment se faire accepter autrement qu’en effrayant les autres. Ils n’ont pas compris la nuance entre « se faire respecter » et « se faire craindre ». Ils ont souvent une très faible estime d’eux-mêmes. Surprenant, vous dites? Autrement, comment se ferait-il qu’ils utiliseraient le dénigrement, l’acharnement, les paroles blessantes, les coups, l’exclusion sociale pour penser qu’ils sont quelqu’un, qu’ils existent tellement fort, parce qu’ils envahissent les pensées de la victime?

Et les témoins aussi, souffrent. Parce qu’ils n’osent pas dénoncer. Parce qu’ils veulent être acceptés par l’agresseur à tout prix. Parce qu’ils ne veulent pas subir, eux aussi, le traitement que l’agresseur réserve à ses victimes. Alors, ils se taisent. Ils se torturent, souvent. N’osent pas en parler, pas même à leurs parents. Parfois, pas même à leurs meilleurs amis; ils ont peur que ces derniers rient d’eux, se moquent, le disent à l’agresseur.

Et les victimes aussi, souffrent. Elles souffraient parfois bien avant que l’intimidation ne commence. Elles souffraient de manquer d’habiletés sociales, de leurs différences. Autrement, pourquoi cela les atteindrait tant, de se faire pointer leurs différences? Pourquoi est-ce que, malgré que je mesurais 5 pieds 6 en 6e année et que je dépassais tout le monde d’une tête et qu’ainsi, j’étais différente, je me faisais accepter? Alors qu’une autre élève de ma classe avait exactement la même taille que moi, sauf qu’elle en souffrait, courbait son dos pour paraitre plus petite et ainsi, se faisait ridiculiser par les autres? Comment se fait-il que je m’affirmais et qu’ainsi, les quelques personnes ayant tenté de me lancer des railleries ont rapidement arrêté alors que pour elle, ce fût incessant pendant plusieurs années? Le besoin des victimes est d’apprendre à s’affirmer. Seulement, pour s’affirmer, il faut se faire confiance. Il faut avoir une estime de soi positive. Que les victimes n’avaient souvent pas bien avant les actes d’intimidation et que ces actes ont évidemment maintenu et aggravé cette faible estime de soi, il va sans dire.

On n’a jamais parlé autant d’intimidation; seulement, où se trouvent les spécialistes? Les psychoéducateurs, les travailleurs sociaux, les psychologues, les éducateurs spécialisés qui travaillent dans les milieux scolaires? Les chercheurs universitaires qui ont développé des programmes de prévention (je pense ici à Pierrette Verlaan, entre autres, qui a développé un programme extraordinaire : « L’agression indirecte, cette violence que l’on ne voit pas »)? Ils sont sur le terrain, en train d’essayer de rétablir les faits, d’intervenir adéquatement, de faire de la prévention.

On a cependant plusieurs personnes de milieux autres qui se prononcent; tant mieux, l’intimidation touche les gens et ces derniers ont envie de s’exprimer à cet effet. Je n’ai aucun problème avec cette démarche. Seulement, là où ça me dérange, c’est lorsque l’on véhicule des faussetés à propos de l’intimidation, lorsque l’on tente de dénigrer les agresseurs; je vous rappelle, ils n’ont pas une estime de soi très élevée, eux non plus. Vous les imaginez, devant leur écran d’ordinateur, en train de visionner un clip tourné par une vedette qu’ils aiment en train de les traiter de « loser »? Pas aidant trop, trop pour l’estime de soi, laissez-moi vous dire.

Et que sait-on, de ces agresseurs? Peut-être vivent-ils de la négligence, de l’abus psychologique, physique, voire sexuel à la maison? Peut-être ont-ils déjà été une victime d’intimidation au primaire et, rendus au secondaire, ils décident que ça ne se passera pas ainsi pour les 5 prochaines années et, maladroitement, ils décident de plutôt tenir le rôle de l’agresseur. Pour se faire respecter, croient-ils. Parce que ça marche, ont-ils pu observer pendant 7 longues années de primaire (oui oui, 7 ans; incluez la maternelle dans votre calcul).

Vous me direz : « Ben là, fais pas aux autres ce que tu ne veux pas te faire faire! ». Ouais. Plus facile à proclamer qu’à faire. Quand tu as appris que dans la vie, si tu ne domines pas, tu es dominé (par tes parents, par exemple et ce, de manière abusive, j’entends), tu tends à recréer ce type de relation. Surtout quand tu es enfant ou ado. Et même parfois quand on est adulte (on peut tous ici prendre un moment pour se regarder aller, dans la vie, et constater qu’on a intégré énormément de choses dans notre enfance et que, dans des contextes différents, on les reproduit à l’âge adulte. J’appelle ça « nos bibittes personnelles »).

Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc. La vie n’est que nuance.

L’Homme n’est pas tout bon ou tout mauvais; il a été bon, il l’est encore momentanément, dans certains contextes de sa vie; il est souffrance mais ne sait comment l’exprimer adéquatement; il a besoin de contrôle, parce qu’il sent que sa vie lui échappe totalement. L’Homme souffre parfois de la souffrance des autres, surtout lorsque cette souffrance leur est dirigée en pleine gueule.

Apprenons donc à nos enfants (et quand je dis « nos », je parle des enfants dans un contexte de société…je ne vise pas que les parents, que les éducateurs, que les enseignants…mais tout ceux-là à la fois et même bien plus!) qu’ils sont aimables, en les aimant; qu’ils peuvent réussir, en les encourageant et en les félicitant; qu’ils méritent le respect, en les respectant, en leur apprenant à l’affirmation positive de soi; prévenons, faisons de la promotion des relations saines aux autres, certes, mais à soi-même pour débuter.

Puis, mettons en place des stratégies préventives, qui concernent les enfants dans les écoles, les membres du personnel et les parents. Soyons alertes, ayant l’oeil ouverts, connaissons les stratégies d’intervention adéquates, qui font sentir les victimes en sécurité, qui leur permette de faire des apprentissages aux plans de l’estime de soi et des habiletés sociales; qui font aident les agresseurs à développer de l’empathie, à développer des stratégies autres pour s’affirmer, se “faire respecter”; aux témoins à se résigner, à dénoncer, à ne pas craindre, à faire confiance aux adultes. La lutte contre l’intimidation se doit d’être une action concertée, cohérente, qui vise tout le monde.

Éventuellement, cette mobilisation permettra d’élever des générations dans des valeurs de respect d’autrui et de soi et ainsi, on arrivera peut-être (un peu) à bout de l’intimidation dans les milieux de travail, chez les adultes.

-Stéphanie Deslauriers

Le métier de parent

3 mai

Il n’y a pas d’école pour devenir parent. Il existe des centaines de livres, des émissions de télé (Dr Nadia, Super Nanny!!!), des conférences… mais rien ne nous prépare à faire face à tous les événements du quotidien qui surviennent dans la vie d’un parent!  Bien sûr, on peut nous enseigner à réagir devant une bonne « crise du bacon », on peut nous dire que petit pou va passer par toutes sortes d’étapes du développement pendant lesquelles il faudra rester ferme. Mais nous, dans notre cœur, comment nous sentons-nous ?

À travers le temps, je suis intervenue auprès de toutes sortes de familles. Bien que pour celles-ci, toutes les problématiques soient différentes, elles avaient toutes un point commun : elles ont toutes agit de leur mieux avec les outils qu’elles avaient et elles n’ont pas remarqué qu’elles glissaient lentement vers de réelles difficultés. C’est bien beau de dire qu’il faut dire « non », apprendre à encadrer nos enfants, mais rien ne tient compte des coups durs de la vie ou des moments de fatigues qui font qu’on va laisser aller. Rien ne nous prépare à être déçus de notre performance de parent, à reconnaître qu’on se plante parfois et que les conséquences peuvent être exponentielles. Les parents qui ont de la difficulté avec leurs enfants ne sont pas des cabochons… au contraire! Ce sont certainement des combattants fiers et humbles qui ont tout tenté dans la mesure de leurs moyens. C’est trop facile de regarder les parents à « Super Nanny » et de se dire : « comment ils ont fait pour en arriver là? Ils sont donc ben morrons? ». Dans la vraie vie, plus souvent qu’autrement, nous réagissons, nous survivons. Nous n’avons pas le temps de nous dire qu’on ne fait pas bien! Nous devons courir pour la garderie, courir pour le boulot, courir pour le souper, courir pour l’activité de hockey, courir pour le dentiste… Alors quand c’est le temps de se péter la crise chez Métro (vous savez-là, dans l’allée, près de la caisse, où il y a toutes les palettes de chocolat….) c’est peut être plus simple de dire oui, parce que nous n’avons pas le temps de gérer la crise… il faut encore aller porter l’épicerie à la maison, faire le souper et faire les devoirs!

Acheter une palette de chocolat ne fait pas de mal! Mais nous apprenons vite que quand nous contentons petit pou,  il est calme  jusqu’à la prochaine crise…  et c’est juste humain.

Alors comment devenir parent? Il n’y a pas de recette miracle. On agit, on réagit, on se questionne, mais qui peut réellement connaître la portée de ses actes? Chose certaine, être parent c’est devenir vulnérable, c’est vivre des moments intenses de joie et de fierté! C’est s’ouvrir au monde, c’est un passage vers l’éternité.

Je n’ai pas la réponse à cette question que je me pose tous les jours à la fois professionnellement, mais aussi personnellement avec mes deux belles grandes filles et mes deux belles belles-filles. Je n’ai pas la prétention de tout savoir parce que j’ai moi aussi le visage collé sur l’arbre et je ne vois pas toujours la forêt qui nous entoure. Mais j’ose croire qu’en discutant ensemble, on pourra peut être se faire une idée réelle de ce qu’est la vie.

-Geneviève Chénard

Comment gérer les demandes d’attention de la fratrie et les conflits?

21 avr

LES DEMANDES D’ATTENTION DE LA FRATRIE

Que notre enfant soit autiste, ait une déficience intellectuelle, un diagnostic du syndrome de Gilles de la Tourette ou pas de diagnostic du tout, il faut savoir qu’il est normal que les relations fraternelles soient qualifiées de rivalité, de jalousie, d’envie. Les enfants tentent de trouver leur place au sein de la famille, tout d’abord, pour ensuite trouver leur place dans un groupe social, que ce soit à la garderie, à l’école, dans une activité parascolaire. Imaginez alors lorsque notre frère ou notre soeur présente des difficultés de comportement, d’autonomie, de socialisation, de communication! C’est vrai que les enfants qui présentent des difficultés particulières demandent souvent plus d’attention, que ce soit plus la gestion des crises, la gestion de l’environnement (qui implique l’organisation de la maison, des activités et sorties familiales), la panoplie de rendez-vous (évaluation, intervention, stimulation du langage, des habiletés sociales, des habiletés motrices, etc.). Il peut alors être difficile pour le frère ou la soeur de voir que l’attention n’est pas divisée à part égale entre les enfants, pour des raisons qui sont évidentes pour nous, adultes et parents.

Pour certains enfants, cette situation tend parfois à accroitre le sentiment d’injustice. Pour eux, le lien est simple : plus mon frère ou ma soeur dérange, plus il ou elle a de l’attention. Ces enfants pourront ainsi développer certaines “stratégies” pour attirer l’attention de leurs parents. Attention : pour la très grande majorité, il ne s’agit pas de stratégies délibérées, dans le but de nuire à la famille ou à ses parents. Il s’agit plutôt d’un moyen de diriger l’attention vers eux, afin de rétablir l’équilibre. Ce moyen est souvent un mécanisme de défense, si on veut. Comme si l’instinct prenait le dessus sur la rationalité, qui est limitée chez les enfants et qui est influencée par l’âge, aussi.

Certains autres enfants adopteront plutôt un rôle de parent; parce que les parents en font explicitement la demande, peut-être implicitement, aussi. Certains autres le feront d’emblée, parce qu’ils voient leurs parents débordés, fatigués et qu’ils ont envie de voir leurs parents plus en forme. Le fait d’aider ses parents et son frère ou sa soeur amène aussi souvent beaucoup de reconnaissance et ainsi, de renforcement positif (qui contribue à augmenter la fréquence d’un comportement soit aider, dans ce cas-ci). Un autre renforcement positif que les frères ou soeurs aidants obtiennent est le temps additionnel que les parents peuvent passer avec lui ou elle, une fois les tâches accomplies. Il est donc important de donner de l’attention à notre enfant qui n’a pas de diagnostic et ce, de manière « gratuite ». Ainsi, de leur donner de l’attention non pas que lorsqu’ils font des “mauvais coups” ou pas seulement lorsqu’ils aident leur frère ou leur soeur.

Il peut cependant être difficile de trouver du temps pour ce genre d’attention. Alors, un petit sourire, un clin d’oeil, une tape dans le dos, un câlin sont toujours appréciés; ils ne demandent pas beaucoup d’énergie ni de temps. Ces petites attentions que vous offrirez à votre enfant comblera une partie de son besoin d’attention de votre part.

Vous pouvez aussi lui expliquer, seul à seul, les difficultés et les défis que rencontre son frère ou sa soeur. Vous l’aidez à comprendre davantage les enjeux reliés au diagnostic et ainsi, aux défis engendrés par celui-ci.Vous pouvez aussi lui nommer que vous aussi, vous aimez passer du temps avec lui mais que ce n’est parfois pas possible ou du moins, pas autant que ce à quoi votre enfant s’attend. Vous validez ainsi ses perceptions, vous lui montrez aussi que vous l’aimez et que vous êtes sensibles à la réalité qu’il vit.

LA GESTION DES CONFLITS

Et oui, comme dans n’importe quelle relation fraternelle, il y a des conflits! Tout dépendant de la nature et de la gravité des difficultés rencontrées par votre enfant ayant un diagnostic, la gestion des conflits par les enfants est toujours à privilégier. Évidemment, les enfants plus jeunes ou plus atteints au niveau cognitif ont besoin de davantage de soutien de la part des adultes. On peut, dans un premier temps, modeler (donner l’exemple) les stratégies de gestion de conflits en les appliquant nous-mêmes dans nos conflits avec notre conjoint(e) et nos enfants. Par exemple, on tente de parler de SOI; comment JE me sens, quelle est MA demande. On encourage donc le dialogue et on favorise, à la fin, une réconciliation.

Dans le cas où l’enfant ayant le diagnostic est plus jeune ou plus atteint cognitivement, il se peut qu’il ne comprenne pas la demande et encore moins l’émotion que sa soeur lui nomme! On peut alors utiliser du matériel visuel (préparé d’avance ou dessiné sur une feuille dans le feu de l’action par l’adulte ou l’autre enfant, tout dépendant de son âge).

Si on utilise du soutien visuel adapté à la situation, on peut dessiner ce que le petit frère a fait (détruire la structure) (dans un encadré) et la soeur qui est en colère en faisant un visage qui fait la “baboune” (dans un encadré au-dessous du premier, en reliant les deux encadrés par un trait).

On peut dessiner à côté notre enfant qui aide sa soeur à reconstruire la construction dans un encadré, puis le visage de la soeur qui fait un sourire (dans un autre encadré au-dessous du premier, en reliant les deux encadrés par un trait).

On aide ainsi notre enfant à construire des séquences d’action-réaction. Il comprendra mieux les relations de cause à effet; “je fais quelque chose qui rend en colère mais je peux aussi faire quelque chose qui rend heureux à nouveau”!

Une autre stratégie intéressante est le soutien visuel préparé d’avance. Voici une séquence d’actions à poser quand on a un conflit à gérer;

1-nommer notre émotion

2-expliquer pourquoi

3-exprimer une demande pour réparer le geste

4-l’autre personne doit répondre à la demande (geste réparateur)

5-se réconcilier

On peut trouver des images (Boardmaker, Les Pictogrammes, d’Anne-Marie Le Gouill) qui représentent ces étapes et les “enseigner” à nos enfants dans un contexte de jeu. On peut même pratiquer cette stratégie dans des jeux de rôle!

Enfin, on peut aussi prévoir un endroit de jeu exclusivement pour le frère ou la soeur de l’enfant ayant un diagnostic. De la sorte, cela lui assure une certaine intimité, son espace personnel.

-Stéphanie Deslauriers

Grand Homme Bellissime…ou pas

7 avr

Ce soir, je n’avais pas envie d’écrire; seulement de laisser les mots valser dans ma tête, sans tenter de tendre le bras pour les attraper, pour mieux les jeter sur une feuille de papier virtuelle.

Puis, j’ai lu un courriel; le courriel d’une amie, de qui j’avais reçu, quelques jours plus tôt, des messages textes confus me disant de faire attention, de ne pas sortir, de surveiller mon verre. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas l’ampleur de sa détresse, de son agitation intérieure, de son inquiétude.

Elle a accueilli, en fin de semaine passée, deux de ses amies; une perdant conscience, perdant le souffle et l’autre, perdant ses moyens devant tant de pertes.

Elles ont du appeler les ambulanciers. En attendant leur arrivée, une d’elle est restée en ligne avec la réceptionniste, qui lui donnait des recommandations pour aider leur amie à retrouver le souffle, à rester consciente.

Des pleurs, de l’espoir, des peurs, du désespoir. Des paroles lancées, se voulant réconfortantes, alors qu’elles avaient elles-mêmes, à ce moment, besoin de réconfort.

Un massage cardiaque, effectué, avec seuls points de repères, les consignes de la dame étrangère à l’autre bout de la ligne. Cette dame qui vit des tragédies à des kilomètres de là, au son de la voix de gens qu’elle ne connait pas, qu’elle ne croisera jamais.

Le massage ne fonctionne pas.

Les ambulanciers arrivent. Arrivent à la réanimer. Elle est sauve.

Elle, c’est Sandra. Sandra est sortie avec Émilie, dans un bar de Montréal.

Ce soir-là, des hits des années 80 tournaient. Ça aurait pu être la dernière de Sandra; pas qu’elle ait été lasse de ce bar, de l’ambiance, du DJ, du barman, de la musique qui lui rappelle sa très jeune enfance. C’est qu’on lui a mis du GHB dans son verre. Du gamma-hydroxybutyrate. Un anesthésiant. La drogue du viol, si vous préférez.

Le GHB est un dépresseur; il détend, il désinhibe; « out » la pudeur. Mélangé à l’alcool, un autre dépresseur, il peut entraîner un arrêt respiratoire, une perte de conscience, un coma et une mort. En fait, LA mort. Parce qu’on n’en a qu’une, mort. Comme une vie. Et les deux ne peuvent cohabiter.

Sandra n’a pas décidé, de manière libre et éclairée, de consommer du GHB, ce soir-là. Elle a subit la décision de quelqu’un d’autre de lui en faire consommer. Afin qu’il puisse la consommer, elle, après. Sans qu’elle n’ait de pudeur. Sans qu’elle n’ait de souvenirs. Parce que le GHB entraîne aussi une amnésie. Sans qu’il ne soit dans le trouble après.

Les personnes qui commettent des agressions sexuelles ne vont pas bien, de toute évidence. Autrement, ils ne ressentiraient pas le besoin de jouir dans (ou sur) une fille à moitié consciente. Ils ne ressentiraient pas de désir pour une femme qui n’est pas consentante et qui ne participe pas activement à la relation sexuelle. Ils ne ressentiraient pas de désir pour une relation où il n’y a pas de réciprocité.

Malheureusement, il est difficile d’identifier ces individus profondément blessés; non, ils n’ont pas d’imperméable beige, ni des lunettes à grosses montures datant des années 70, 80. Non, ils ne sont pas tous dans leur sous-sol de Verdun à regarder des vidéos salaces avant de sortir dans les ruelles pour ouvrir leur imper devant les premières venues, avant de leur sauter dessus et de les violer, là, sur-le-champ ou plutôt, sur l’asphalte restante entre deux nids de poule.

Ils sont parfois grands, parfois poilus, d’autres fois épilés. Ils sont beaux, ou pas, ils sont musclés, ou maigres. Ils ont un beau sourire, ou un regard énigmatique. Ils sont avenants, ou discrets.

Mais surtout, ils ont « spotté » votre verre. Celui que vous avez laissé sans surveillance, le temps d’aller fumer une cigarette. Le temps d’aller faire pipi à la salle de bain. Le temps d’aller danser parce que, « c’est ma tuuuunneeeee! ».

Ce ne sont pas que les jeunes filles ayant à peine 18 ans, qui ont l’air naïves, qui ont la jupe qui couvre à peine le galbe de leurs fesses qui se font mettre du GHB dans leur verre. Une fille de Québec, mère d’un enfant, honnête, sociable, amie, sœur et femme aussi. Qui n’aime pas trop les décolletés plongeants, pas plus que les jupes qui ne couvent que le galbe de leurs fesses.

Pas parce que tu as eu 25 ans cette année que tu es à l’abri. Pas parce que tu ne sors presque pas, « juste quelques samedis soirs par année ».

On s’en fout; quand ça t’arrive, ça t’arrive une fois. Même si c’était la première fois de ta vie que tu sortais.

Je vous invite à consulter ce site pour plus d’infos, que ce soit à propos du GHB ou toute autre drogue. http://www.parlonsdrogue.com/fr/repertoire/ghb.php

Et surtout, je vous invite à surveiller votre verre, à sortir accompagnée d’une personne en qui vous avez confiance, d’un coup que quelqu’un mette du GHB dans votre verre…

-Stéphanie Deslauriers

Non à la hausse? Non au manque de respect.

21 mar

La question n’est même plus de savoir si on devrait oui ou non augmenter les frais de scolarité. En tout cas, pas dans cet article.

Oui, les études devraient être accessibles à tous; que tu proviennes d’une famille aisée ou non ne devrait pas influer sur tes possibilités d’avenir, dans le contexte où on est dans une société qui (devrait) tente(r) d’enrayer les inégalités.

Oui, il y a des étudiants qui dépensent en grand, avec leurs 84 voyages par année, leur 8 iPhones et l’ensemble des générations d’iPad (je ne sais même pas si ça se dit, « générations d’iPad » . Diantre, que je manque de culture technologique).

Oui, il y a des étudiants qui s’endettent, et qui rembourseront eux-mêmes leurs prêts.

Mais bon. Le bottom line, c’est que le fait que tu viennes de fin fond d’Hochelaga ou du haut de la montagne de Westmount ne devrait pas changer le fait que tu as le droit d’étudier, toi, dans la vie. Pour accéder à une job que tu vas aimer, qui va apporter quelque chose à la société.

Comme je suis incohérente; je vous dis que la question n’est pas de savoir qui a tort ou qui a raison, qui est bon et qui est méchant et c’est ce dont je traite.

Parce que je trouve qu’on est là-dedans, en ce moment : Qui a LA bonne opinion? Qui a les bonnes valeurs? Qui sont les méchants qui sont pensent pas comme nous? Bout d’viarge, on peut tu penser comme on veut sans traiter les autres de cons? Honnêtement, je n’ai jamais (et quand je dis jamais, c’est JAMAIS) vu quelqu’un changer d’opinion, de manière libre et éclairée, en se faisant traiter de con, en se faisant dire que son opinion, c’est de la merde. JAMAIS.

Le seul vidéo portant sur la grève que j’ai écouté jusqu’au bout, c’est celui de l’étudiante en médecine qui est à Copenhague en ce moment. Parce que je lui voue un culte? Parce que je suis 100% d’accord avec ses propos? Non. Parce qu’elle s’est adressée, via sa caméra, à tous avec respect. En ne tentant pas d’imposer son opinion, en ne tentant pas de diminuer celle des autres, bien que différente de la sienne. Et c’est ce que j’ai aimé.

Autrement, je navigue sur mon compte Facebook, et je vois plusieurs messages de ceux qui sont contre la hausse ridiculiser les gens qui sont pour. Et l’inverse est aussi vrai. Et je trouve ça dommage. Je trouve ça dommage que des citoyens éduqués, instruits, intelligents veulent imposer de la sorte leur façon de voir les choses. Je trouve ça dommage que ces mêmes citoyens tentent d’imposer leurs valeurs en diminuant celles des autres. Comme je vous ai dit plus haut, je n’ai JAMAIS vu de résultats positifs qui ont découlés de cette stratégie. JAMAIS.

Que des individus qui se sont campés dans leur point de vue, à la recherche d’articles, de vidéos et d’individus partageant en tous points leur opinion afin de la valider. Et enfin d’entretenir une hargne contre le « camp ennemi », en trouvant des citations ridicules, des articles qui manquent d’arguments ou qui encore en sont bien garnis, mais qu’on tentera de détruire par tous les moyens.

Moi je vous le dis : je pense que tout le monde devrait pouvoir exercer son droit à l’éducation, s’il en a envie, bien évidemment. Est-ce que je suis pour les méthodes employées pour faire valoir ce droit? Non. Le manque de respect n’a jamais fait partie de mes valeurs.

-Stéphanie Deslauriers

L’intimidation, c’est l’affaire de tous. Même de Guillaume.

13 mar

Guillaume est un adulte de 25 ans qui, comme moi, est très sensibilisé au sujet de l’intimidation.
Par ailleurs, il s’est impliqué dans le contexte de la fondation Jasmin Roy.
Il reste à l’affût des mouvements qui débutent à propos des sujets qui l’interpellent comme l’intimidation et la violence faite aux enfants.
Il a mille et un projets, peut-être même mille et deux. Il réussit à motiver les gens autour de lui, à solliciter les individus qui partagent des passions communes. C’est qu’il fait ses recherches, Guillaume! Et ses devoirs aussi. Il relance, persiste, redonne signe de vie, n’hésite pas à foncer, à poser des questions, à repartir avec des réponses.
Il a ce que peu détiennent : la passion, l’espoir, la détermination.
J’ai eu le privilège d’être témoin, via des échanges de courriels et un appel téléphonique, de cette passion, de cet espoir, de cette détermination. En fait, c’est que Guillaume, suite à mon passage à J.E., m’a retracée et m’a contactée pour me manifester son appréciation de mon témoignage et pour me parler avec intensité de ce qu’il avait ressenti en voyant ce que les victimes vivent. Puis, il m’a joint un poème qu’il a composé, puis récité pour la fondation Jasmin Roy.
Ah oui! Guillaume est Asperger. Mais il est surtout un jeune homme, un passionné, un intense, un mobilisé, un être humain. Avec un diagnostic d’Asperger.

Depuis le début des classes, tu as un très étrange comportement

Tu as un problème immense mais tu n’en parles pas ouvertement

Et ce que tu vis, je sais que c’est pour toi difficile et bien souffrant

Alors aujourd’hui, dévoile la vérité, arrête de garder ça en dedans

Cette année, tu n’as pas énormément d’amis, tout va mal pour toi

Aux récréations, tu es dans ton petit coin, dans un sombre endroit

Personne ne va te voir, les gens t’oublient et te dévisagent parfois

Et vers l’heure du dîner, tu restes tout seul, c’est loin d’être la joie

Quand tu approches de ton casier, tu entends insultes et niaiseries

Beaucoup de jeunes se joignent ensemble, ils t’embêtent et rient

Tu souffres en silence souvent et tu dors extrêmement mal la nuit

Car pour toi, retourner à l’école le lendemain est un très gros défi

Tu as essayé à maintes reprises de parler avec ceux qui t’achalent

En leur disant assez souvent qu’ils font preuve de violence verbale

Mais pour eux, blesser les autres est une chose comique et normale

Tellement qu’ils continuent à t’effrayer, à rire de toi et te faire mal

Tôt ou tard, tu devras prendre une assez grande et pénible décision

Celle de raconter à tes professeurs que tu es victime d’intimidation

Alors te vider le cœur le plus rapidement possible serait la solution

Si tu souhaites un jour te débarrasser de cette désagréable situation

N’hésite jamais de demander au directeur de ton école d’intervenir

Si les jeunes ne cessent pas et que tu veux véritablement t’en sortir

Alors essaie, reste très courageux et je te promets que tu vas réussir

Et après, tu pourras enfin retrouver la confiance en toi et le sourire

En conclusion, marche la tête haute même quand tu te fais insulter

Dans ton entourage, bien des gens t’estiment, cours vite les trouver

Et pour plaire aux autres, reste aimable, conserve toutes tes qualités

Mais si quelqu’un rit de toi, reste poli mais n’hésite pas à t’affirmer

Guillaume Bertrand

À toutes les femmes

8 mar

À toutes les femmes voilées, non par choix mais par obligation;

À toutes les petites filles excisées avec une lame de rasoir souillée, afin qu’elles ne ressentent plus;

À toutes les femmes battues, parce qu’elles sont plus vulnérables, plus frêles et surtout, parce qu’elles se retrouvent là, alors qu’elles devraient être ailleurs;

À toutes les jeunes filles qui se prostituent dans les gangs, juste pour appartenir;

À toutes les femmes qui ont un salaire moindre, parce qu’elles ont le malheur d’être des femmes;

À toutes les jeunes esclaves sexuelles, en Afrique, en Asie, en Europe, mais en Amérique et en Océanie, aussi.

À toutes les femmes qui nous ont précédées;

Qui se sont battues pour que nous ayons le droit de vote,

Qui se sont battues, pour que nous puissions divorcer,

Qui se sont battues, pour que nous puissions avoir le droit de jouir, et non seulement de procréer.

À toutes ses femmes qui se dévoilent, par liberté;

À toutes ces enfants devenues femmes, qui se font reconstruire leur génitalité;

À toutes ces femmes ingénieures, policières, éboueuse, qui ont su transgresser les tabous;

À toutes ces femmes émancipées, qui ont compris qu’elles ne méritaient pas de se faire dénigrer, tabasser.

À toutes ces filles, qui deviendront femmes, dans une société, une culture, une génération où elles ont autant de droits que les hommes;

À toutes ces filles, qui ne savent pas la chance qu’elles ont, qu’elles auront, de pouvoir étudier, de pouvoir choisir le métier qui leur plaît, l’homme ou la femme qui les fera vibrer, de pouvoir adhérer à la religion qui leur convient, de pouvoir dire « non ». De pouvoir être.

Profitez, célébrez la Journée de la Femme, en espérant qu’un jour, nous soyons vraiment égales aux hommes et qu’ainsi, nous n’ayons plus besoin d’une journée spécifique dans l’année pour proclamer nos droits et notre égalité. Les 365 jours de l’année seront une célébration de cette égalité.

-Stéphanie Deslauriers

Je vous aime, mes amies.

4 mar

L’amitié n’a pas d’âge. Pas plus que l’amour n’en a.

J’étais entourée, hier de mes amies; des amies de longue date pour la plupart. Des amies plus récentes, pour certaines. Qui m’ont connue à un moment ou à un autre de ma vie; alors que j’étais toute petite, alors que j’allais à l’école, alors que je passais mon adolescence turbulente, alors que je dansais ma vie dans un groupe de danse, que je courrais vite, vite, après un ballon noir et blanc, alors que j’apprenais mon métier.

Et toutes, hier, m’ont accompagnée pour mon anniversaire. Plusieurs ne se connaissaient pas, d’autres s’étaient déjà croisées, et d’autres encore sont de grandes amies.

Et à un moment, je suis allée porter un objet non identifié par ma mémoire dans ma chambre. Et quand j’en suis ressortie, je les ai toutes vues; elles discutaient, elles riaient, se confiaient, mangeaient, buvaient. Et je n’ai eu qu’une envie : rester postée dans le cadre de porte de ma chambre, à regarder mes amies vivre dans mon salon et dans ma cuisine. J’ai pris une photo mentale d’elles; de ces filles qui m’entourent, qui me connaissent, qui m’aiment, parfois moins, qui me confrontent, qui me réconfortent, qui me font passer des soirées incroyables, qui m’offrent des discussions téléphoniques à n’en plus finir. Qui m’offrent des souvenirs impérissables. Qui m’aident à me construire, qui ont contribué à ce que je suis devenue, à ce que je deviens, à qui je suis. Lorsqu’on les met bout à bout, on peut reconstituer ma vie; par des bribes de souvenirs, de rire, de conversations, de sourire, de peine, de déchirement, de colère.

Et j’ai eu envie d’aller dans ma chambre, de me coucher dans mon lit, sur la pile de manteaux, de m’endormir au son de leurs voix, de leur voix. De leurs éclats de rire.

Je vous aime, mes amies.

-Stéphanie Deslauriers

Et on si priorisait nos besoins?

4 mar

Hier, sur le profil d’une collègue psychoéducatrice, Solène Bourque, je voyais ce lien : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201202/29/01-4501174-une-ombre-au-tableau-blanc.php, qui mène à un article remettant, entre autre, en cause l’achat massif de tableaux blancs interactifs (TBI) dans les écoles. Vous savez, ces tableaux technologiques qui ont pour but de rencontrer les intérêts des enfants et des adolescents pour les intéressés davantage à la matière scolaire présentée par l’enseignant.

L’idée, à la base, est bonne. C’est vrai, il me semble, qu’il faille adapter les méthodes d’enseignement à la génération d’étudiants à qui les apprentissages s’adressent, que ce soit en termes de moyens pour le faire que de contenu. Dans les faits, on se rend compte qu’aucune formation n’est dispensée aux enseignants pour les guider quant à l’utilisation des TBI; ainsi certains profs l’utilisent comme ils utilisent un tableau noir. On n’est pas plus avancé. Certains autres l’utilisent de manière optimale. Et ça marche! En lisant certains commentaires d’enseignants et de parents sur ledit lien posté sur le profil de Solène, je ne peux que constater que pour certains élèves, ce moyens leur a permis de s’intéressé au contenu. Bravo!

Cependant, je vois, moi aussi, une ombre à ce tableau immaculé; comme je vous disais, je comprends la raison sous-jacente à l’achat du fameux tableau. Cependant, je me dis que si on veut vraiment intéresser les jeunes, il faut répondre à leurs besoins de base; oui qu’ils soient nourris, logés, habillés. Mais qu’ils se sentent aimés, aussi. Qu’ils se sentent en sécurité, surtout. En effet, le sentiment de sécurité est un facteur primordial à la réussite et à la motivation scolaire. On n’a qu’à faire une toute petite équation toute simple : si un élève se fait intimider, il a de fortes probabilités de craindre de venir à l’école. Parce qu’une fois à l’école, il sait qu’il sera sur le qui-vive, à attendre la prochaine raillerie, le prochain coup de pied. Ses sens seront aiguisés, en hypervigilance, attendant, craignant, redoutant. Et il aura du mal à se concentrer en classe; on imagine bien que lorsque notre esprit est pleinement occupé à anticiper, il ne reste plus beaucoup de disponibilité intellectuelle pour intégrer que pour calculer un angle droit, il suffit d’utiliser le sinus. À moins que ce ne soit le cosinus? Ou autre chose? Enfin. Et on s’imagine bien que, peu importe à quel point l’enseignant fera des pieds et des mains pour impression sa classe avec son beau tableau blanc, il demeure peu de probabilités pour que cet élève réussisse à penser à autre chose.

Et je reviens à la charge avec des propos que j’ai tenus il y a quelques mois sur ce même blogue : pour que les enfants se sentent en sécurité, il faut mettre en place des mesures concrètes. Un code de vie. Une procédure d’intervention claire pour les différents membres du personnel qui voient une situation d’intimidation ou qui se la font rapporter, que ce soit par des témoins ou par la victime elle-même. Mais pour ce faire, il faut des sous; il faut du temps pour élaborer une telle procédure et vous savez comme moi que le temps, c’est de l’argent. Il faut du temps pour l’inculquer aux membres du personnel, en commençant par les sensibiliser à cette réalité, puis aux conséquences. Il faut du temps pour la consolider, cette stratégie.

Et je ne peux faire autrement que de me demander : pourquoi avons-nous choisi de prioriser l’achat de TBI alors que nous aurions pu prioriser l’achat de temps, de sensibilisation, de compétence, d’intervention, de plan d’action pour aider nos élèves à se sentir en sécurité? Je sais que ça ne fait pas partie du même budget, mais pourquoi ne pas avoir prioriser le budget alloué aux ressources, alors? Avons-nous oublié que nos besoins primaires (qui incluent les besoins physiologiques et les besoins de sécurité) doivent être comblés, avant de pouvoir répondre à nos besoins d’appartenance, puis d’estime, pour en arriver à s’accomplir au niveau académique? Ne sommes-nous pas responsables, ne serait-ce qu’en partie, évidemment, de répondre à ces besoins avant de penser à se rendre au sommet de la pyramide de Maslow en achetant des tableaux blancs?

La réponse est claire pour moi.

-Stéphanie Deslauriers

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